Le Ragondin Furieux

Le Ragondin Furieux

De la légende à la réalité...

De la légende à la réalité...     


                                                                                                          


    Avant les guerres des Gaules qui commencèrent vers 63 (12) av.J.-C, le Poitou, dont le golfe formait une barrière naturelle, fut souvent le passage obligé des invasions. On avait donc assisté à des installations successives d'ethnies différentes, puis, vers les IIIème et IIème siècles av.J.-C, à la visite des Scythes venus du nord du Pont-Euxin ; ce pan de l'histoire nous rappelle d'ailleurs étrangement la légende de Virgile. Enfin ces populations que nous désignerons sous l'appellation plus complète de scytho-taïfales avaient dû se plaire beaucoup en Poitou puisqu'elles revinrent s'y implanter de façon définitive au IIIème siècle après notre ère. A cette époque elles étaient assimilées aux Sarmates qui avaient colonisé les territoires entourant la mer Noire. L'implantation de ces peuplades fut très forte dans le grand Poitou où il est encore possible de dénombrer aisément les traces de leur sédentarisation : la Tiffardière dont les écluses sur la Sèvre sont aux portes de Niort, la Petite Tiffanelière au sud de Poitiers, la plaine des Scythes elle aussi dans les environs immédiats de Poitiers, et surtout n'oublions  pas Tiffauges. Elles marquèrent aussi de façon plus étonnante les rites du Poitou puisque les familles de la noblesse de cette région se plièrent longtemps à la tradition de la tanystrie (13) d'origine Scytho-taïfale, voulant que la succession lors d'un décès se fît par les femmes ; on voyait alors le neveu prendre la succession de l'oncle au désavantage des fils. Il existe une autre survivance de leurs croyances, de leur mysticisme venu jusqu'à nous grâce aux auteurs (14) de la légende de Mélusine. Ceux-ci ont effectivement repris au XVéme siècle, dans leurs Livres respectifs, le thème de la déesse mère mi-femme mi-serpent cher aux syncrétismes (15) Scythe ; pour l'adapter à une Mélusine symbole du matriarcat, se transformant pendant la nuit sous la forme d'une vouivre (16) grande bâtisseuse en Poitou. Ce thème symbolique était d'ailleurs déjà représenté sur les claveaux de certains frontispices et chapiteaux des églises romanes du Poitou et de la Saintonge ; où l'on peut encore admirer la serpente ailée à Foussais, Vouvant, Aulnay-de-Saintonge, etc…


Le Marais Poitevin, de sa création à nos jours, page 14 et 15. (M. Mengneau)



15/11/2008
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