Balades en Marais
Le Marais
Comme j'avais le temps
Et pour passer le temps,
J'allais dans le Marais
Pour voir le mois de mai;
Dans la brume ouatée
Des rigoles de Vendée
De la nature naissante,
Je fis la connaissance,
Sur une conche tortueuse,
D'une grenouille heureuse,
Qui me chanta en La
Pourquoi elle était là.
Les lentilles l'entouraient
Et elle s'y confondait.
Elle aimait du regard
Un ombrageux têtard.
Pas celui qu'on pensait,
Mais le frêne du Marais!
Si elle levait les yeux,
En regardant les cieux,
Encore un peu plus haut
Où se niche les corbeaux,
Elle verrait tout entier
Un immense peuplier.
Que de bruit tout à coup,
Quoi fait donc ce remous?
Secoue le nénuphar,
Et s'en va au hasard.
C'est l'ablette pourchassée,
Par le puissant brochet.
Elle plonge dans l'eau profonde,
Que voit-elle dans l'onde?
Un lacet, une courbe
Se glissant sur la tourbe,
De l'anguille gracile
Qui ainsi se faufile.
Mais qui vient à cette heure?
C'est Martin le pêcheur!
Il doit se dépêcher,
Les gardons sont pêchés
Par le héron pourpré,
Un très grand braconnier
Dans les rouches, un bruiss'ment...,
C'est comme un bruit de dent.
Ce n'est pas la couleuvre
Qui doucement manoeuvre,
Car il est moins malin
Le gourmand ragondin.
Quel est cet importun
La pigouille à la main,
Tant sa barque est chargée
Par les poissons pêchés.
Sur l'eau est son chemin
Au discret Maraîchin.
Sur le Marais à l'aube
Du vert de cet écrin
Qui le coeur nous étreint,
Que l'on peut mettre en vers.
Comme la grenouille chantons
Cette très humble chanson!
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