Le Ragondin Furieux

Le Ragondin Furieux

La pensée unique !

Où le capitalisme raconté à mes enfants…

 

le 1 novembre 2008

Mine de rien elle fonctionne bien cette petite affaire, comme qui dirait, avec un brin d'ironie, elle ne connaît pas la crise ! Peu à peu s'inspirant de l'hydre de Lerne elle étend les tentacules de l'uniformisation de la pensée dans le moindre coin de la planète. Sournoisement s'insère dans les esprits qu'il n'est bon bec que du capitalisme, sans que son nom soit claironné haut et fort d'ailleurs, comme si il y avait une sorte de pudeur à ne pas en parler ouvertement. Si, quelques éclats de voix retentissent de temps à autre pour fustiger les dérives qui foutent la pagaille. Mais cela fait partie d'un monde dans lequel certains prétendent que la spiritualité et la religion sont indispensables, et où il faut de temps en temps faire miroiter un semblant de moralité de bon aloi, libérant ainsi les esprits des pensées impures et donnant bonne conscience à qui veut l'entendre.

Pendant ce temps là, la rouerie du système continue ses ravages. Car sous cette couche de conformisme, formaté, le bon peuple l'oreille collée à la radio en guettant la moindre nouvelle des bourses du monde entier, effondrement à Tokyo, le CAC a encore chuté, etc., la mine déconfite à ses soi-disant tristes nouvelles, cet auditeur compatissant a complètement oublié qu'à la même heure, en Haïti, à Cuba, des milliers de personnes se battaient pour survivre et reconstruire après les ravages des typhons ou cyclones, et qu'ils auraient besoin d'aides eux aussi…

On peut les comprendre ces simples quidams angoissés de la chute des bourses, profitant de cette situation qui tombe à pic et qui va conduire à une récession les grands exploiteurs vont en profiter pour asservir totalement le monde du travail, ne serait-ce que par des mises au chômage intempestives afin de contrôler la situation en faisant du chantage à l'emploi. Donc avec l'individualisme latent qui règne dans nos sociétés tout un chacun se préoccupe d'abord de ses fesses, avant de s'inquiéter si son voisin à les moyens de s'acheter des fringues pour ne pas vivre le cul à l'air. A l'évidence, anesthésiés par les piqures du conformisme qu'on leur a volontairement inoculées, peu de gens se posent la vraie question : « quelles sont les causes profondes d'une telle situation ? ». Au demeurant, où l'on s'aperçoit que la situation est paradoxale c'est avec les sondages récents qui font apparaître une montée d'un soi-disant anticapitalisme pendant qu'est encensée par les populations l'attitude du chef de l'Etat Français, ne faisant en réalité que tenter de replâtrer le système. J'ai comme l'impression que beaucoup de gens n'ont rien compris, ces introspections de l'opinion publique par des institues adéquates reflèteraient en réalité juste une réaction épidermique et ponctuelle! Les ravages de la pensée unique en seraient donc à ce point là ! Au fait, c'est quoi le capitalisme ?

Immense question. Lorsque l'on parle de Marxisme ou de Trotskysme on peut se référer à des écrits bien circonstanciés. Même en prônant la révolution permanente, Trotski nous l'a démontré par des écrits bien précis, Marx et Engels ont laissé une empreinte indélébile en écrivant le Capital, mais avec le capitalisme, il est toutefois plus difficile de cerner de façon péremptoire cette manière de gérer nos sociétés, car les écrits sont foule et n'apportent pas de véritable définition. L'opinion consensuelle irait même jusqu'à prétendre que l'on est né avec, en somme, comme s'il s'agissait d'un phénomène naturel. Ca c'est pour les mystiques et les créationnistes. D'autres vont chercher les racines du mal au moyen-âge, voire dans la préhistoire. En fait ils sont plus proches de la vérité si l'on considère qu'il s'agit de la part néfaste de l'évolution de la civilisation.

Je résume et schématise…

L'homme qui fut avant tout un chasseur, pêcheur, cueilleur, a en se sédentarisant découvert l'agriculture en plus de ses autres activités. D'abord chacun a fabriqué ses outils pour subvenir à ses besoins. Puis, peu à peu, il s'est avéré que certains étaient plus doués que d'autres pour effectuer certains travaux. Par conséquence une spécialisation c'est instaurée, mais celui qui fabriquait la jarre pour recevoir les céréales a, en compensation de son travail, demandé à ce qu'on lui apporte de la nourriture, logique, le troc fut donc à l'origine de la naissance du commerce.

Jusque là quoi de plus normal, le système n'était pas si idiot que cela et chacun vivait de ses aspirations et surtout ce dont ses capacités lui permettaient. Seulement voilà, il y a des petits malins qui encore plus doués que les autres ont commencé à fabriquer beaucoup, à l'époque où le congélateur n'existait pas, le fabriquant de jarres s'est donc retrouvé avec un surplus de nourriture dont il ne savait que faire. Il s'est tourné alors vers d'autres valeurs.

Madame en ayant raz le bol de percer des coquillages pour faire des colliers qui agrémentaient son apparence a suggéré que des matériaux rares et qui brillent seraient les biens venus. De l'utile on était passé subrepticement à des envies qui n'étaient plus essentielles pour la survie de l'humain, en même temps que se créait une nouvelle forme d'échange. On plongeait alors dans le commerce et les transactions allaient finir par se faire par l'intermédiaire d'une sorte de monnaie qui souvent était à base de minerais peu communs. Bon, pour l'instant, dans un monde en pleine évolution il n'y avait pas péril en la demeure. Quoique l'abandon du troc augure déjà de la mise en place d'un système où la notion de partage va de plus en plus être exclue.

Stigmatisé par les gains qui ont embelli le cou de Madame, le fabricant va transformer cette nouvelle conception de la vie en avidité. Au départ, même si on ne peut nier que le fait de partager le savoir au service de l'œuvre et de le propager firent partie des motivations à l'embauche d'aides, au fur et à mesure du temps la notion de bénéfice deviendra de plus en plus l'élément premier qui poussera à produire plus. Et c'est là que tout ce gâte !

On en arrive alors à l'exploitation de l'homme par l'homme. La civilisation romaine, qui déjà utilisera des esclaves pour exécuter des taches subalternes, nous donnera aussi le mot « trepalium » signifiant instrument de torture et que l'on verra au fil du temps se transformer en le nom générique de : travail. Ca fait froid dans le dos, et peu à peu l'ouvrier déjà sous la contrainte, celui qui à l'origine fait l'œuvre, deviendra un travailleur plié sous le dictat et au bon vouloir du donneur d'ordre. Finalement, l'expression : « le travail est au service de l'homme » disparaitra au profit de « l'homme est au service du travail », et par là même, au service de la course au profit, leitmotiv d'une classe privilégiée qui va perpétuer cette prérogative au cours des siècles.

Le moyen-âge avec sa féodalité fera dans la continuité avec le servage. Ce que confirme aussi à cette époque l'apparition des investisseurs, celle d'une banque qui n'est pour l'instant que le privilège de quelques préteurs, mais néanmoins de plus en plus prépondérante favorisant la capitalisation. Dont la Renaissance en sera le meilleur exemple avec les grands financiers Florentins, Vénitiens, voire Hollandais, se furent là les capitalistes d'alors. Pendant que la noblesse et le clergé exploitent le travailleur, le peuple, lui, souffre.

On aurait pu croire que l'époque des lumières aurait vu un assouplissement de la condition des exploités, il n'en est rien. Si, dans les apparences peut-être, beaucoup de mots de la part des philosophes, le contrat sociale de Rousseau n'en est pas la moindre preuve. De plus on verra les théoriciens précurseurs du capitalisme moderne faire leur apparition, comme Adam Smith, et surtout ceux qui vont mettre en place l'organisation tout azimut du productivisme et de la rentabilité industrielle à l'instar de Turgot. En France, le peuple est de plus en plus exploité et finit par se révolter.

1789, l'année de tous les espoirs. Espoir surtout de se défaire du carcan des asservisseurs, noblesse, clergé. L'occasion était bonne aussi pour reconstruire une société de partage. Malheureusement, une fois de plus, si l'on a eu besoin du peuple pour faire le coup de main se furent la classe bourgeoise qui en réalité sera la grande bénéficiaire de cette Révolution. Dépossédant les nobles et le clergé on vit alors une nouvelle catégorie d'exploiteurs entasser des richesses. Possédant les capitaux et bien décidé à les faire fructifier avec l'aide d'avancées technologiques de jour en jour plus performantes, ces nouveaux capitalistes vont définitivement mettre le travail au service du capital. Naissait alors le servage moderne, le principe capitaliste tel qu'il s'est en partie perpétré jusqu'à nos jours. Si la déclaration des droits de l'homme fut une avancée énorme pour l'humanité, il n'en reste pas moins qu'elle reste lettre morte lorsqu'il s'agit du système économique où la féodalité reste encore de mise à l'esprit de la classe privilégiée.

Le XIXéme siécle verra une évolution constante et de plus en plus symptomatique du dictat du capital, la mécanisation que le modernisme apporte sera de surcroit l'un des éléments qui conditionnera le travailleur pour plus de rendement au service du capital. Foin des idéaux d'une société de partage, on voit se profiler à l'horizon le monopole de grands groupes industriels aux noms célèbres, comme Wendel, Schneider, puis plus tard Ford, et qui étendront leurs universalités sous forme de multinationales complètement déshumanisées. Le productivisme soi-disant bénéfique au bien-être de l'homme devient alors l'enjeu sociétal.

Pourtant en plusieurs occasions le peuple de France se réveille et clame à l'injustice. Les trois Glorieuses de 1830, la révolte du 23 au 27 juin 1948, la commune de 1870, rien n'y fait, ressurgissent toujours les vieux démons de la classe dirigeante qui fera à chaque fois ployer sous son joug un peuple exsangue. Il y a aussi les hommes qui frappent du poing sur la table et tentent de réveiller les consciences, Pierre-Joseph Proudhon, son autogestion, le tant décrié : « La propriété c'est du vol », et puis il y a surtout celui avec lequel il entretiendra une correspondance assidue, Karl Marx, qui nous gratifia en 1867 du Livre I du Capital, dans lequel il a tout expliqué. Peine perdue, si, parfois inquiets de ces contradictions, les capitalistes inventent des guerres pour calmer les ardeurs revendicatrices des plus acharnés. Malheureusement, pour le peuple cela aura été le contraire du but recherché, pour les exploiteurs il y aura un double avantage : pendant que les prolétaires sont occupés à s'entretuer, ils ne revendiquent pas, et d'un autre coté ça fait marcher l'industrie à fond les manettes permettant d'engranger le maximum de bénéfices, la grande hécatombe de 14/18 en est le meilleur exemple. Mais si par malheur un contestataire dénonce ce genre de pratique, comme ce fut le cas avant ladite guerre, on persuade alors un simple d'esprit que cet homme est nuisible à la société, et qu'il serait bien qu'il disparaisse ; n'oublions pas Jaurès, le martyr du socialisme que lâchement la soi-disant bonne pensée fit assassiner ; le moins que l'on puisse dire c'est que ce fut un Vilain geste!

Pendant que le larbin s'escrime à la tache pour faire proliférer le pactole des exploiteurs, ceux-ci déguisés en spéculateurs font mumuse avec la bourse. Finalement c'est le krach en 1929. Une nouvelle fois ce ne sont pas les profiteurs qui en pâtissent mais le lampiste qui va se retrouver au chômage, misère profonde et désarroi sont de nouveau le lot quotidien de millier de travailleurs, et personne n'ose véritablement bousculer le système.

Au contraire, avant que la robotisation soit la panacée, les industriels perfectionnent les idées que Taylor à concocté à la fin du XIXéme siècle. L'OST devient dans nombre d'entreprises la technique indispensable pour augmenter la productivité. C'est quoi ce truc ?

En clair, l'Organisation Scientifique du Travail. Mais sous cet aspect pragmatique se cache l'une des pires formes d'asservissement moderne des plus contraignantes. Au départ, sous prétexte de minimiser les gestes d'un ouvrier à son poste de travail, on a placé derrière lui un contrôleur qui note jusqu'au moindre mouvement du petit doigt, le déplacement de l'avant bras pour saisir l'outil que l'on va placer sur la machine et ceci étant en même temps chronométré. Le but étant naturellement de réduire le nombre des mouvements dans un temps record pour atteindre la rentabilité maximum. Mais où le système devient encore plus vicieux et surtout astreignant c'est que sont alors octroyées des primes de rendement, carottes servant à motiver le travailleur pour produire plus. Carottes qui d'un autre coté justifieront le fait de ne pas augmenter les salaires. On se rend compte de la perversité du système qui veut que le travail ne soit plus qu'une mécanique à laquelle on apporte de temps en temps une goutte d'huile graissant les rouages afin de favoriser la production. Dans ces circonstances, le temps de l'œuvre a disparu, celle pour qui la fabrication se terminait avec le regard satisfait de l'ouvrier et le caressé de la main approuvant le travail bien fait. Non, des hommes enchainés à leurs machines, voilà à quoi on a destiné le bétail humain. Esclavage ! D'ailleurs, le ronflant slogan : « Travailler plus, pour gagner plus », rentre dans le même ordre d'idée que le taylorisme.

En France, le peuple va une nouvelle fois se rebeller en 1936. Néanmoins cela sera de courte durée et de plus il ne se donnera pas suffisamment les moyens de prendre les rênes de son avenir. Même si il ne faut pas minimiser la portée des congés payés, la semaine de 40 heures, il aurait fallu promouvoir l'autogestion, entre autres, et sans doute aussi nationaliser au maximum les moyens de production pour que l'ouvrier en tire la quintessence qui lui revient de droit. De toute façon, une nouvelle fois on va pondre une nouvelle guerre pour canaliser toutes ces velléités.

Paradoxalement c'est au sortir de l'occupation de son territoire que la France verra des avancées allant dans le sens d'une meilleure répartition des richesses. Des nationalisations, la sécu, la retraite par répartition sont au sortir de cette guerre des améliorations considérables pour le peuple, certes encore insuffisantes puisque la véritable prise du pouvoir par le travailleur restera une sorte d'allégorie. Mais il n'empêche que l'on aurait pu croire que ce souffle nouveau allait continuer à porter sur sa lancée une envie de sortir du système libéral en envisageant des solutions plus partageuses ; malheureusement, englué dans une reconstruction qui en même temps qu'elle fut demandeuse de sacrifices ouvrait la porte vers un avenir où la condition sociale paraissait profiter d'une embellie due au modernisme, le peuple s'est de nouveau endormie, bercé par les flonflons engageants et prometteurs de bien-être de la pensée unique.

Il y eut bien Mai 68. Brassage de beaucoup d'idées, qui pendant un temps vont agiter les consciences et faire voler les pavés, il en sortira quelques améliorations salariales, une nette évolution de la condition féminine, quoique, quarante ans après, le salaire des personnels féminins est souvent inférieur à celui de leurs collègues masculins ; moralité, pour les capitalistes il n'y a pas de petites économies, et comme l'agitation du beau printemps de cette année là ne les a pas remis en cause il ont continué à sous-payer la gente féminine.

1981, le grand chambardement, la gauche est au pouvoir. Le capital est menacé. On entend dire ça et là que des capitaux fuiraient la France. Cependant ce ne sera que rumeur pour effrayer le bon peuple et lui faire prendre conscient que sans ses capitaux et ceux qui les détiennent la France va à sa perte. Il est dommage d'ailleurs que ceux qui ont lancé ces menaces ne les aient pas mises à exécution car c'eut été l'occasion de nationaliser massivement. Au lieu de cela, en 1983 on replonge dans la conformité de la pensée unique en adaptant des idées socialistes au système libéral. S'en était fait une nouvelle fois d'un avenir différent et le parti socialiste en sortira vidé de sa substance pour n'être qu'un ersatz de l'ultralibéralisme. Le parti communiste quant à lui verra peu à peu son obédience s'effriter. Et nous en sommes arrivés en 2008 après ce constat amer, qui voit de jour en jour l'emprise de la pensée unique étendre ses ravages sur la condition ouvrière. Délocalisation, destruction du code du travail, privatisation intempestives, et pour conclure cette série désastreuse, les spéculateurs ayant joué au casino avec des capitaux virtuels voudraient que le lampiste paye pour éponger leurs conneries et de plus ils ne font rien pour enrayer le chômage du à leurs cupidités.

C'est cela le capitalisme. Du jour où le troc a été abandonné et que le commerce s'est mis en place, le goût du profit a flatté les plus bas instincts de l'homme et c'est cela que l'on retrouve dans l'ultralibéralisme. Donc ceci est néfaste pour la condition humaine.

Certains diront que je n'ai pas abordé tous les aspects du capitalisme, certes, et que malgré cet exposé négatif à son encontre il serait indéniable soi-disant de nier que ce système a apporté des améliorations aux conditions de vie. D'abord rien ne prouve que dans d'autres circonstances on n'en soit pas arrivé au même résultat. Ensuite, le principe capitaliste qui veut que le productivisme à outrance soit facteur de richesses, richesses qui d'un autre coté sont indispensables pour faire fonctionner une production rédhibitoire, c'est un peu le serpent qui se mord la queue. Sans d'ailleurs faire abstraction de l'autre part néfaste de cette volonté de croissance exponentielle qui va nous mener à une catastrophe écologique irréversible.

Il est inconscient par les temps qui courent de tomber dans ce conformisme suicidaire et c'est pourquoi il serait bien de sortir nos enfants de ce carcan formaté. Non à la pensée unique !

Tout n'est pas encore perdu car l'on voit fleurir ça et là des partis anticapitalistes, c'est bien. Mais cela reste encore trop marginal, même si par exemple l'éditeur allemand Du Capital de Marx se réjouisse de voir passer ses ventes de 800 exemplaires à 1500, cela ne prouve pas une véritable prise de conscience, malheureusement. Même aussi si les appels à battre le pavé deviennent de plus en plus pressant, nous devons insister sur un fait avant tout pour « déformater » les esprits de la pensée unique, c'est celui, je ne le répéterai jamais assez, du débat idéologique.

Je fais donc une suggestion, ce soir, demain, peu importe le jour de la semaine, à l'heure des débilités de TF1, la stara-con entre autre, ouvrez un bouquin de Guy Debord, « La planète malade », par exemple*.

* Pourquoi Debord ? Après tout, pourquoi pas, dit-il d'un air entendu ! D'abord ce n'est pas le plus connu ; de plus, j'ai toujours eu un faible pour les situationnistes et à l'heure actuelle avec les spectacles que nous offre le chef de l'état français celui-ci s'implique bien dans ce que ceux-ci dénonçaient.











13/11/2008
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