Le Ragondin Furieux

Le Ragondin Furieux

Perso…

Perso…

 

Un jour de sciage à l'ancienne pour faire de la volige,

" y f'siens d'ô pianche avec d'ô peupion"


En 2009 j'aurai la soixantaine, mais contrairement à ce que j'ai longtemps cru ce n'est pas encore l'âge de raison ! Je sais on dit : « Je sais ! » ; mais comme le dit la chanson : « On n'sait jamais… », donc je continue à  apprendre. Pourtant j'ai bourlingué, été d'expériences en expériences, cependant on est toujours un élève de la vie, jusqu'à la fin on est un apprenti et à la fois un artisan de son existence.

 

Après avoir caressé quelques pavés et beaucoup d'illusions en 68, sitôt la fin de mes études j'ai embauché dans une usine où l'on fabriquait des tours de production, quinze jours après j'étais en grève ! Excellent début dans la vie active. Comme j'étais sursitaire, pour calmer mes ardeurs revendicatives, De Gaule m'a envoyé faire le pitre en Allemagne. Eh oui, la France était encore troupe d'occupation et c'était facile alors d'exporter par rétorsion dans les régiments disciplinaires qui y stationnaient, les réfractaires balanceurs de pavés, je faisais partie du lot.

 

Comme la bouffe était dégueulasse et le vin blanc du Rhin un peu acide, je ne me suis pas éternisé dans les pourtant magnifiques Vosges allemandes.

 

De retour dans le Poitou, ayant envie de prendre l'air, en plus, dans l'usine d'avant j'ai eu l'impression que j'étais pas le bienvenu et qu'un semeur de trouble de plus ça faisait beaucoup, j'ai donc été embauché dans la succursale d'une PME où je fus chargé de vendre des stations de pompage, tuyaux d'arrosage, enrouleurs pour le monde agricole, c'était alors la panacée et soi-disant l'avenir pour l'agriculture moderne. En ayant plus ou moins la responsabilité de la succursale je m'acheminais vers une vie de « petit bourge » si une chose ne m'avait pas rongé, c'était que j'étais de plus en plus persuadé que cet arrosage était une immense connerie. Déjà la prolifération des forages allant jusqu'à des profondeurs des environs de cent mètres - comme c'est le cas dans les plaines du sud Vendée - présageaient la raréfaction des nappes phréatiques qui de plus étaient déjà polluées, comme je n'aime pas faire ce qui va à l'encontre de mes aspirations j'ai démissionné après plus de dix ans d'une carrière prometteuse. Pourtant on parlait encore très peu d'écologie dans les années 80. Hormis Dumont que beaucoup écoutaient d'une oreille plus ou moins distraite, pour les autres ils étaient souvent classés au rang des marginaux.

 

Cependant pour rompre la monotonie de cette vie, j'ai eu une expérience électorale. En 1976, dans ma commune du sud Vendée le maire était un certain Jean Fleury dont le nom est plus connu dans la cochonnaille, maire traditionnel, bien-pensant et de droite sans véritable opposition. Donc avec les copains communistes, socialistes et ceux se réclamant de Gauche nous nous sommes attaqués au bastion, c'était encore un peu tôt pour secouer les consciences campagnardes et traditionalistes, seulement trois des plus connus ont été élus, pour ma part, le nouveau venu, ça m'a frôlé les moustaches. En tous cas excellente expérience.

 

Ayant un goût très prononcé pour l'indépendance, j'ai décidé de monter ma petite SARL. Seul employé de ma société j'entretenais des bateaux, louais des voiliers et surtout baladais en mer des particuliers, ceux des comités d'entreprise, parfois des adhérents d'associations à but éducatifs. Bref, mon style n'était pas celui des croisières Paquet, et les midinettes en mini-jupes et talons aiguilles - qui voulait se faire mousser en disant le lundi matin au bureau : « J'ai fait de la voile ! » - déchantaient vite et avaient rarement le temps de sortir le maillot de bain pour la "bronzette". D'ailleurs, quand certains ou certaines de ces "bobos" c'étaient bien "brassés les rognons" en mer d'Irlande, ils regardaient les choses de la mer d'un œil différent, disons, avec beaucoup plus de respect, surtout.

 

Maintenant, après quelques déboires j'ai arrêté ma société, cependant je fais encore quelques "convoyages" de voiliers par ci par là, par contre je me consacre surtout à l'écriture. A l'histoire particulièrement, pour laquelle j'ai commis pour le moment deux ouvrages – deux autres bouquins sont en gestations-, mais surtout à la politique qui occupe de plus en plus mes instants tant me préoccupe la situation actuelle.

 

Si je fais maintenant que ce qui me plais c'est que je m'en suis donner les moyens, pas en cumulant un pactole, loin de là, au contraire en ne vivant qu'à l'essentiel. En partant du principe que ce ne sont pas les biens matériels qui enrichissent l'individu, par conséquence en vertu de ces axiomes lorsque je parle décroissance, entre autre, c'est en connaissance de cause.

 

Aussi, je suis un ancien joueur de rugby pour lequel mes congénères m'avaient surnommé : Potaufeu, surnom qui m'est resté.

 

 

 

 

 



24/11/2008
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