Le Ragondin Furieux

Le Ragondin Furieux

Matinée surréaliste et « défasé »…

Matinée surréaliste et « défasé »…

 

Où l'on parle décroissance sans ses premiers promoteurs !

 

Ca y est, les grandes manœuvres électorales en vue des élections régionales ont commencé. C'est normal, il vaut mieux commencer de bonne heure. Mais est-ce que cela présente un intérêt quelconque, c'est moins sur puisque le brasse-bouillon de l'Elysée veut tout chambouler, les régions, les départements, les communes, peut-être même qu'il pourrait changer le nom des rues. Je dis ça comme ça, mais s'il change le nom des rues, qu'il en donne une à ce brave Maximilien Robespierre qui n'en n'a même pas une en son nom dans la capitale. Alors parmi les réunions qui fleurissent un peu partout il y en avait une qui allait se tenir à quelques pas de mon village, j'ai donc décidé d'aller y jeter un œil et si possible donner quelques explications sur la décroissance.

 

Toutefois, en relatant cet évènement je ne vais pas le faire comme un compte-rendu habituel où une uniformité de ton voudrait faire croire à une certaine objectivité, non, j'irai plutôt dans le ressenti afin d'apporter une note différente à une pensée politique trop consensuelle...

 

Donc, le jour du 24 octobre, en matinée, avait lieu à Niort la réunion de la Fase du Poitou-Charentes avec la présence de Denis Sieffert de Politis. Même si nous n'étions pas de la même région, puisque le sud Vendée fait partie des Pays de Loire, il était bon que les AdOC marquassent de leurs présences cet événement local.

 

Par conséquence, trois éminents membres de l'Associations d'Objecteurs de croissance étaient présents, au nombre desquels je comptais.

 

Sieffert à fait un rapide exposé sur la fondation de ce rassemblement -qui comme chacun sait s'est mis en place après l'appel de Politis pour un regroupement de la vraie Gauche avec aussi des associations, voire des syndicats, afin d'offrir une alternative au Sarkosisme et en même temps proposer une rupture avec un PS de plus en plus ultralibéral.

 

Après des généralités, sans qu'on lui demande rien, v'là-t-y pas que notre journaliste de Politis se met à parler de décroissance. Dire, de surcroit, que c'était l'interrogation qui montait de plus en plus dans les sphères politiques, c'est bien, mais occulter qu'une association regroupant une majorité d'Objecteurs de croissance venait de voir le jour cela frisait la malhonnêteté alors que des Verts un peu décriés avaient, eux été invités… J'ai eu même l'impression que nous étions ignorés volontairement !

 

Comme j'avais trouvé ce manquement aux règles élémentaires de la courtoisie un peu fort de café, j'ai donc été l'un des premiers intervenants en précisant que nous étions là qu'en observateurs pour deux raisons : hors secteur et surtout pas invité. J'en ai profité pour faire un petit historique de la construction de l'AdOC, puis n'étant qu'une pièce rapportée, j'ai simplement questionné le représentant d'ATTAC sur la façon dont son mouvement voyait la relocalisation ; la réponse fut une série de banalités résumant un flou artistique autour d'une question qu'à l'évidence il n'avait pas travaillé.

 

Ca s'était la « fase 1 » où intervenaient normalement les associations et syndicats dont:

 

-ATTC

-Conf 'Paysanne

-Amap du Thouarsais (79)

-FSU

-Raison d'agir, une assoce du nord 79 à tendance alternatives gauche.

 

La CGT n'a pas voulu participé pour des raisons qui n'ont pas été précisées, il n'a d'ailleurs pas été question des autres syndicats comme : SUD, FO, et l'autre dont j'oublie toujours le nom, bref celui du lignifiant Chérèque.

 

Pour le début, tout c'est passé à peu près correctement, si ce n'est que les Verts, venus en grand nombre, ont commencé à tirer la couverture à eux. D'ailleurs, la représentante des Verts c'est même permis, profitant de la récréation (pour faire pipi), de faire un schéma au tableau en expliquant les fondamentaux de l'écologie, le moins que l'on puisse dire c'est que cela n'a pas été très apprécié. D'autant qu'ils ont tendance à tout mélanger, oubliant que si l'on veut vraiment faire de l'écologie, il faut en premier lieu se débarrasser du productivisme et par conséquence du capitalisme, pour résumer, ce que l'on appelle : l'économie de marché. Tant qu'ils n'auront pas fait ce cheminement là, ils ne seront pas crédibles et ne profiteront que de l'effet de mode qui veut que l'écologie soit devenue la panacée universelle. S'ils ne s'attaquent pas aux problèmes de fond, il se pourrait qu'il y ait des lendemains qui déchantent.

 

Puis nous sommes passés à la « fase 2 » avec les partis politiques :

 

-NPA

-PCF

-Gauche unitaire

-Alternatifs

-Verts

-PdG

-La Fédération

 

Chaque y est allés de son petit laïus qui, vu le temps imparti, ne pouvait se limiter qu'à des généralités de politique générale. Hormis les Verts, qui déjà étaient deux à la tribune alors que pour les autres partis il n'y avait qu'un seul représentant, et qui pour éviter de parler de leur position vis-à-vis du capitalisme ont volontairement porté le débat sur des problèmes très locaux et régionaux, ce que n'ont pas manquer de relever certains intervenants de l'assemblée en leur faisant remarquer qu'ils ne manquaient pas de culot car ils avaient des conseillers régionaux ayant cautionné la politique de Royal, ça ne les a pas fait taire pour autant ! Imbuvable…ils mangent d'ailleurs à tous les râteliers pour tenter de remplacer le PS, la chasse aux places est ouverte !

 

Mais surtout, ce qui est à relever c'est que tout le monde a parlé de la décroissance, avec plus ou moins de conviction certes, mais on sent bien que c'est le sujet d'actualité et que, aussi paradoxale que cela puisse paraître, nous sommes officiellement absents de ce genre de débat pour lequel nous devrions être aux avant-postes. A noter que ceux qui furent les plus proches de l'approche de l'AdOC sont sans conteste les Alternatifs, où même dans la dialectique on retrouve l'esprit de la décroissance telle que les objecteurs de croissances la conçoivent. Par contre, je reste sur ma faim, voire dubitatif, avec le PdG qui me fait un peu penser aux Verts avec son grenouillage tout azimut.

 

Bon, de toute façon ce genre de réunion ne fait partie que des préliminaires à une confrontation plus  rigoureuse qui risque de se produire quand seront véritablement mis sur la table les problèmes de fond, ainsi que les problèmes d'alliance politique puisque c'est encore le statuquo avec la position ambiguë du PCF qui théoriquement devait se décanter dimanche. A mon avis on a pas fini de voir des tiraillements comme ceux qui ont clôturé la fin de cette rencontre, quelques contestations s'étant élevés ici et là, d'abord sur la présence de Verts qui ont éludé, ou contourné par des formules alambiquées la question de leur position vis-à-vis du traité de Lisbonne et surtout l'anticapitalisme qui ne semble pas être quelque chose qu'ils veulent appréhender ouvertement. Et aussi, le NPA, qui en faisant des efforts vers l'alliance tord encore un peu du nez, disons que ses représentants ne sont absolument pas persuadés de l'entière sincérité des gens du Front de gauche et surtout du magouillage que l'on pressent au second tour.

 

Pour conclure, si tout n'a pas été négatif, néanmoins le chemin à parcourir risque d'être semé d'embuches pour arriver à donner une certaine cohésion à un mouvement politique efficace de gauche, et ceci hors de l'allégeance socialiste.

 

Reste à définir la position de l'Adoc au cas où elle voudrait prendre part à ces élections. Il est possible au demeurant que de vouloir aller aux élections seul peut permettre d'éviter le piège électoraliste de ce fatras en se démarquant ainsi de l'aspect « politicard ». Sortir de la politique politicienne est en effet ce qui fait partie de l'espérance de beaucoup de gens qui en ont marre de voir et d'entendre à peu près toujours les mêmes rengaines prometteuses, souvent proclamée par une caste de professionnels de la politique. En redonnant à la politique ses lettres de noblesse nous avons tout à gagner et surtout afin d'atteindre une certaine crédibilité.

 

Toutefois, pour cela, il faut aussi que les AdOC aient une présence forte en région en occupant le terrain à tout les niveaux, dans les associations, dans les réunions publiques, les espaces de confrontation politique, ainsi que, si possible, présence dans toutes les Amap. Et naturellement, en parallèle, une présence continue dans les sphères nationales, les médias, partout où l'on, parle, fait connaître cette décroissance que tout le monde veut faire sienne.

 

Car c'est semble-t-il l'enjeu, nous ne sommes pas dépositaire de la décroissance certes, mais nous avons une part importante à prendre sur l'échelle politique pour qu'elle soit audible à la majorité des citoyens. Car si tout le monde s'approprie maintenant la Décroissance, il faut se souvenir qu'il y a pas si longtemps de cela, nous n'étions qu'un petit groupe, parfois pris pour des illuminés, des utopistes regardés de haut, souvent considérés avec une certaine condescendance goguenarde, mais surtout totalement ignorés lorsque nous parlions d'objection de croissance, en disant que le développement durable, une croissance continue étaient des hérésies qui allaient mener la planète dans le mur.

 

Les choses ont changé assez rapidement, c'est avec plaisir que nous voyons la Décroissance à la une de l'actualité politique, cela prouve que nous avions en partie raison et aussi que nous n'avons pas encore exploré encore totalement toutes les pistes permettant de préparer la rupture avec le capitalisme. Ce sont les raisons pour lesquelles les objecteurs de croissance croient en la Décroissance en politique et vont continuer à débroussailler le terrain avec ceux qui voudront les accompagner …

 

 http://actu.adoc-france.org

 

 

 

 



27/10/2009
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