Le Ragondin Furieux

Le Ragondin Furieux

Vous avez dit pillage !

Vous avez dit pillage !


Par Jacques B.

 Quand les pauvres se révoltent, ça se traduit toujours par "des scènes de pillage", comme aiment à le répéter les présentateurs de journaux T.V. (Il faut bien enfoncer le clou pour convaincre "l'opinion" !). Et on le leur faire bien payer, aux pauvres, en appliquant des lois iniques qui peuvent vous envoyer en prison pour plusieurs mois pour avoir "prélevé" un paquet chips dans un rayon, ou d'avoir cuisiné un steak à vous confié par un de ces jeunes paumés "a-politisé".

 Pendant ce temps, ils se gobergent, les vrais pilleurs,  ceux qui bradent le patrimoine de leur pays, autour d' un plat de caviar au Fouquet's ou ailleurs,  qui vendent les biens nationaux à des sociétés privées, ceux qui prêtent aux banques de quoi les renflouer quand elles ont fauté, sans jamais punir les coupables, et qui se paient sur le dos des citoyens en instaurant  des" plans d'austérité" qui les privent de ces fameux "acquis sociaux", qu' on leur reproche sans cesse de brandir et d'en  profiter, comme s'il les avaient volés, en oubliant qu'ils sont le résultat des grèves et des luttes passées. Education, Santé, Justice, Information, Culture, Solidarité,  n'ont plus cours. Place à la Sécurité, dont on voudrait nous faire croire qu'elle est notre principal souci.

 Et ils vitupèrent contre la " racaille", ils la matraquent et l'arrosent copieusement de leurs canons à eau (et ce en période de sécheresse, un comble !), et il la mette en garde-à-vue, en comparution immédiate ou que sais-je encore, usant de ces nouvelles pratiques de leur justice expéditive en attendant l'ordre de tirer dans le tas (comme le réclamait en France le préfet de Loire  Atlantique** en 68, face aux grévistes étudiants et ouvriers ) et ils légifèrent encore, aggravant toujours plus les "châtiments", et ils renforcent le budget de la police pour qu'elle puisse embaucher ou acheter des joujoux plus performants.  Et toi,  qui bosses d'arrache-pied pour un salaire ridicule (mais remercie servilement ton patron de te l'accorder) tu hurles avec les loups, en fustigeant ces faignants de fonctionnaires, ou en critiquant ces travailleurs toujours en grève, qui t'obligent à garder toi-même tes enfants, qui t'empêchent de prendre le train pour exercer ton "droit au travail" ou partir en vacances (et à qui tu les dois ces "congés payés " ?). T'es pas mûr pour l'indignation, ça c'est sûr, encore moins pour la rébellion, et c'est pas ton vote libéral ou F.N. aux prochaines présidentielles qui va changer le cours des choses.

 Le "pillage de rue"  ne fait que répondre au "pillage institutionnalisé" qui, lui, reste impuni (Et ce n'est pas notre cher Pasqua, le roi du non-lieu, qui me contredira). Le triomphe du libéralisme, c'est ça : avoir réussi à mettre dans son camp ceux-là-mêmes  qui devraient être ses plus virulents adversaires.

 Bon, c'était ma colère du matin. Que ça ne vous empêche pas de ne pas être d'accord et de passer une bonne journée. J.B.

 **Il s'agit de Jean Emile Vié, ancien directeur des RG, qui avait effectivement demandé à son ministre de l'autoriser à faire tirer à balles réelles sur les "émeutiers",  autorisation qui lui avait heureusement été refusée, ce qui l'avait amené à appeler l’évêque pour qu'il invite ses curés à aller prêcher l'anti-révolution dans les campagnes pour empêcher les paysans de suivre le mouvement. Ah, quel fin politique que ce cher Jean Emile !

 



24/08/2011
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