Le Ragondin Furieux

Le Ragondin Furieux

Si l’on parlait révolution !

Si l'on parlait révolution !



 

Je lis ça et là, j'entends les amis, les copains, les camarades s'impatienter devant une réaction sociale apathique. Si, il y a eu les deux grands shows pour lesquels les syndicats avaient demandé à l'exploité de venir faire voir aux caméras, aux journalistes de tous poils comment il tirait la langue en faisant un pied de nez « gentillais » au pourvoir. Et puis, chacun a remit sa langue en bouche, et c'est la mine réjouie que tous sont rentrés à la maison. Et après…

 

Alors on voit par ci par là quelques mouvements de grèves, des patrons qui téléphonent à leur femme pour dire qu'ils sont retenus au bureau, ce qui pour une fois est vrai car habituellement c'était l'argument dont ils se servent pour cacher qu'ils sont dans le bras de leurs maîtresses, bref, des actions éparses. A la vérité pas de mouvement de fond et généralisé.

 

Les impatients trépignent, haussent le ton, mais ce n'est finalement que peine perdu. Il est évident par contre que le malaise dans les couches populaires, celles qui sont particulièrement touchées par le chômage, croit jour après jour, mais quand est-ce que cela fédérera les colères pour emmener le peuple dans la rue afin d'assumer sa souveraineté ? Probablement pas de suite… Et il y a plusieurs raisons à cela.

 

Je ne les développerais pas toutes, mais si on prend le cas des chômeurs, même si le choc est rude en un premier temps, ils s'apercevront véritablement de la précarité de leur situation le jour où il auront dépensé la prime de licenciement et seront en chômage de longue durée avec environ 400 Euros par mois pour vivre. D'ici un an à peu prés, le printemps prochain pourrait voir tous ceux privés d'emplois prendre véritablement conscience de leurs situations s'ils ne retrouvent pas du boulot.

 

C'est l'une des raisons, mais la principale et la véritable cause de cette situation, beaucoup d'entre nous n'en ont pas conscience sur le fond puisqu'ils sont une majorité à penser que le capitalisme est ce qui leur a amené un certain confort, la bagnole, le frigo, la télé et le canapé qui va avec. A défaut d'avoir été confronté à d'autres systèmes, j'exclu naturellement le raté du communisme productiviste de l'URSS, le bien-être n'est donc que le fait de la société capitaliste pour le quidam lambda. Comme nous baignons dans un monde où les hommes politiques inféodés à l'ultra libéralisme ont cadenassé le débat idéologique au profit de la pensée unique, peu de gens envisagent autre chose et en particulier un système où le capital monnaie ne sera plus le moteur de nos sociétés. A fortiori on peut considérer que seulement dix pour cent de la population de la France est véritablement anti-capitaliste, et par conséquence croit au capital humain, à la vraie reconnaissance du capital travail, à une société de partage.

 

Pourtant ce ne sont pas les anomalies, la lente désagrégation du principe capitaliste qui peut donner fier allure à celui-ci et empêcher la mise en cause du système, au contraire, on croirait même que l'ultra-libéralisme s'ingénie à accumuler les mauvaises actions pour ce faire mal voir, mais rien n'y fait, la majorité des gens engluée dans la pensée unique n'imaginent même pas que l'on puisse voir le monde autrement.

 

Comment faire pour démontrer que le changement ne peut être que bénéfique. Comment expliquer que l'on peut nationaliser véritablement les banques, faudra-t-il attendre que le pouvoir autorise à décompter des intérêts négatifs sur les livrets A dans le cas de déflations pour que quelques uns commencent à se rebeller. Comment expliquer qu'il faut se battre bec et ongle pour défendre le service public, voire même à demander à ce que le nombre de fonctionnaires soit augmenté. Comment expliquer que l'on peut se réapproprier les moyens de production en s'emparant de la propriété privée de l'actionnariat et en répartissant le bénéfice du travail aux vrais travailleurs. Se ne sont là que quelques pistes, mais il y en à d'autres à développer, comme la relocalisation, et pour finir il faut commencer à aborder le débat de fond, de réelles discutions sur la décroissance des pays développés qui sera dans le temps, malheureusement, probablement la seule solution pour sauver la planète de son auto destruction.

 

C'est donc là qu'est le véritable enjeu car le problème de fond reste le capitalisme. Est-ce par la révolte populaire ayant au départ un but essentiellement revendicatif qui pourrait en être le déclencheur de l'abolition de l'esclavagisme capitaliste, je ne suis pas du tout convaincu. D'autant que les mouvements de grève sont suffisamment dispersés et disparates qu'il est peu probable que cela se fédère en grève générale, néanmoins, je n'espère qu'une chose, c'est avoir tord. Mais je reste persuader que la majorité de ceux qui ont défilé n'est pas particulièrement opposés au capitalisme, ou si peu ! Donc tout reste à faire pour arriver à la notion d'un peuple conscient de sa souveraineté.

 

J'avais déjà dit que le débat idéologique, que l'investissement humain pour que la parole révolutionnaire soit propagée au jour le jour, étaient parmi les solutions pour apporter une vision autre afin d'en persuader beaucoup, et sont surtout des moteurs incontournables et efficaces pour faire avancer le mouvement. Je reste donc convaincu que les prises de positions électoralistes de certains partis pour les européennes sont néfastes au débat de fond. Y participer est déjà se donner une bonne figure consensuelle en faisant allégeance à un semblant de démocratie, et faire croire que réunir les partis de gauches en cette circonstance est productif à la mise en place d'une révolution est une foutaise inutile et contre productive.

 
On pourrait donc conseiller, à ceux qui vont de meeting en meeting de provoquer le débat  essentiellement sur l'anticapitalisme et non venir avant tout défendre ou promouvoir sa chapelle, ce qui est souvent le cas. D'ailleurs, dans ce genre de réunion il y a beaucoup plus de convaincus à la cause que dans la moyenne nationale, ce qui a un impact moindre. Donc, c'est avant tout à la sortie de usines, dans la rue, et surtout sur les médias qu'il faut porter la parole et surtout insister sur le fait que le capitalisme est le seul véritable fléau. Ce genre d'optique révolutionnaire intéresse et concerne aussi l'ensemble des exploités européens,  beaucoup plus sans doute que quelques députés n'ayant aucun pouvoir. Il est évident que le vote à ces élections n'aura aucune incidence, si ce n'est de comptabiliser et d'avoir un aperçu de l'espace politique européen, et encore, ce genre de scrutin semble tellement faussé d'emblée qu'il est plus que probable qu'il ne soit pas significatif.

 

Pour finir par une note optimiste découlant d'une situation pessimiste car pour la France, la dictature qui se met en place pourrait, elle, par contre accélérer les choses…. Si seulement cela pouvait émoustiller suffisamment le peuple pour qu'il assume sa souveraineté en chassant le valet du capitalisme qu'est « Moi-Je », et par la même occasion raser la bourse afin de finir de réduire en cendre le capitalisme.

 

Comme on le voit, si cela peut paraître spontané, avant tout, ça se prépare aussi une révolution…

 

 



20/04/2009
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