Le Ragondin Furieux

Le Ragondin Furieux

Si ça continue, ils vont tuer la « Rouspétance » !

Si ça continue, ils vont tuer la « Rouspétance » !


 


Il faisait beau en Poitou. On pourrait croire que ce fut la raison qui déplaça tant de monde dans les rues de Niort en ce 1er mai. Que nenni, ce n'était pas pour le premier vol des hirondelles, pas pour le brin de muguet acheté sur le parvis des halles, l'attraction était toute autre, quelques gogos étaient venus pour accompagner l'égérie du Poitou, Madame Royal, qui s'était déplacée spécialement dans le chef-lieu des Deux-Sèvres. On reconnaît à ces symptômes la « gravitude » de la naïve perception d'individus égarés politiquement.

 

Venait-elle y chercher un sacrement comme le fit Richard cœur de Lion qui y fut adoubé duc d'Aquitaine et comte du Poitou en 1170, n'allons peut-être pas jusque là. Mais il est sur que sous le prétexte de venir compatir à la peine des « Heuliezs » elle s'est payée un coup de pub gratuite pour les futurs présidentielles. Elle ne manque pas de culot ! Elle, dont le parti est pour l'Europe ultra libérale, celle des marchés et de la libre concurrence qui favorisent une délocalisation dont souffre en particulier Heuliez. Elle, qui fut en son temps partisane des fonds de pensions collectifs, comme le prédisait aussi Sarkozy. Heureusement, l'un n'a pas réussi par manque de temps, l'autre n'a pas été élue pour mettre en place son programme ultra- libérale et c'est tant mieux. Et elle vient s'apitoyer sur le sort des ouvriers de chez Heuliez… ça s'appelle de la démagogie

 

Si quelques naïfs se satisfont qu'il y ait eu beaucoup de monde à Niort et un peu plus que les premiers mai habituels dans le reste de la France, il y a néanmoins pas de quoi pavoiser. D'après les uns, d'après les autres, il y aurait eu de deux à trois fois moins de manifestants que la dernière fois. Peu importe le nombre exacte, le phénomène est suffisamment marquant pour que l'on s'y arrête.

 

On nous avait dit que la journée serait historique par rapport au fait que les syndicats avaient réussi à se mettre d'accord pour aller pique-niquer ensemble à la même heure. Bon, c'est raté, il fallait s'y attendre. Néanmoins le coup est rude, le patronnât et Sarkozy rigole en douce.

 

En fait les seuls gagnants de cette journée se sont eux les patrons, en éparpillant les luttes sociales, en les faisant différentes d'un secteur à un autre, d'une entreprise à une autre, ils ont réussi à ce que ne se fédère pas le monde ouvrier et ceci bien aidé par l'apathie des syndicats qui, si ils n'ont rien compris, font tout comme. L'avantage aussi de cet « éparpillage » c'est que la répression s'en trouve facilitée, aussi l'appel à la justice du fait des actions ponctuelles et localisées, ce qu'un effet de masse aurait évité. Donc une grand part de responsabilité en revient aux syndicats qui ont pensé que le conflit était réglable point par point à partir de la base.

 

Si souvent on doit effectivement privilégier la base ce qui dans tout système véritablement démocratique est la quintessence, mais dans le cas où la crise est mondiale, où l'on sent un système capitaliste essoufflé qui se repliant sur lui-même n'en devient que plus dangereux, il eut été bien que les syndicats prennent leurs responsabilités et deviennent l'un des éléments moteurs de la contestation. Au lieu de cela, on organise deux ou trois petites sorties roboratives pour compter les troupes et puis l'on rentre chez soi pour réfléchir à ce que l'on va faire le mois prochain.

 

Sans doute n'est-il pas facile dans les circonstances actuelles où la culture politique, idéologique, syndicaliste, c'est estompée chez les masses populaires sous l'abêtissement de l'absorption massive de la staracon et du crétinisme du journal de Pernaud, de motiver le peuple à la revendication. Mais si l'on ne fait rien, de toute façon on n'est pas prêt d'avancer.

 

Et ce n'est pas les élections aux européennes qui vont élever le débat puisque l'on baigne dans la mièvrerie depuis quelques temps déjà. Pour n'effleurer que peu le sujet, il y a qu'à s'enquérir autour de soi et demander qui connaît le fonctionnement du Parlement européen et quels en sont ses prérogatives. Peu de gens seront capables de répondre et c'est pour cela que l'on entend pas mal d'inepties dans la bouche des politiques qui tentent de faire avaler n'importe quelles couleuvres pour se faire élire. On entend de tout et n'importe quoi. Le rôle du Parlement européen, on peut le résumer comme suit, succinctement et sans caricature outrancière comme certains vont le prétendre : donc, où il est efficace, c'est par exemple pour déterminer la taille des feux arrières des camions Tchèques, c'est à peu près tout et je n'exagère pas.

 

Donc si les politiques, les syndicats continuent à nous mener en bateau il va falloir que le peuple assume sa souveraineté et descende dans la rue, pas pour rien, et durablement. Il ne s'agit plus d'ergoter, c'est de prendre le pouvoir dont il s'agit si nous ne voulons pas être complètement broyés par le rouleau compresseur capitaliste….






04/05/2009
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