Le Ragondin Furieux

Le Ragondin Furieux

Front de Gauche, illusion ?

Front de Gauche, illusion ?

 

 

Pour ceux qui ne connaissent pas, il s'agit de la Pasionaria, figure emblématique de la Révolution Espagnole( de son vrai nom: Dolorés Iburu Gomez)


De partout ça s'agite pour les prochaines élections européennes. Les Socialistes suivant leurs mauvaises habitudes se déchirent pour les places. Bon, on commence à ne plus s'y intéresser tellement ce genre de débat est puéril, surtout loin des réalités sociales et idéologiques, et pour rester poli, disons qu'ils me font penser à des margoulins dénués de sens moral en train de maquignonner autour du veau gras. Triste réalité qui fait que l'on est dirigé par des rigollots dont le seul but  est de ce maintenir en place. Bref, le vrai débat de société est ailleurs….

 

Il apparait de plus en plus à beaucoup comme une évidence que le système capitaliste est la principale cause de nos maux, bien que complètement vérolé et allant apparemment vers une fin annoncée, il est fort probable qu'il fasse encore énormément de dégâts dans les couches sociales les moins favorisées. Donc si l'on veut que le monde devienne plus juste pour tous, en toute conscience il parait incontournable se débarrasser au plus vite du capitalisme et mettre à la place une société de partage.

 

Ca, beaucoup l'ont compris. Surtout que cette constatation est exacerbée par un mal être de tout les jours, à chaque instant de plus en plus pressant, lié aussi avec un amoindrissement des libertés collectives et individuelles. Donc il est urgent que cela change et l'on perçoit le trépignement de partis qui veulent changer les choses par les urnes. Certes, cela est tentant quand on pense qu'un moindre résultat cautériserait quelques plaies et mettrait un peu de beurre dans des épinards qui en ont bien besoin. A fortiori on ne peut pas refuser des augmentations de salaires arrachées par la revendication, faire aussi stopper des réformes iniques après avoir opposé une fin de recevoir sans concession au gouvernement, tout cela sera alors apporté à l'actif du peuple, mais jusqu'à quand car le vrai problème, le capitalisme, sera toujours là. D'ailleurs lorsque l'on voit qu'au bout de trois ans l'augmentation de 200 euro sera alors payée par les seuls patrons je suis dubitatif. Je ne suis pas un pessimiste, mais l'histoire a toujours démontrer que ce qui était acquit aujourd'hui était aussitôt contesté par le patronat capitaliste, c'est un éternel recommencement.

 

Si l'on prend par exemple le front populaire de 1936 qui à permis des avancées sociales dont on a bénéficiées pendant de nombreuses années mais que l'on voit s'étioler peu à peu, quand ce n'est pas disparaître pratiquement, comme un code du travail qui devient un ersatz au service du patronnât, donc « du passé faisons table rase » n'ayant pas été appliqué à la lettre, il faut remettre l'ouvrage sur le métier. Le raté de l'histoire est qu'il n'y a pas eu la prise de pouvoir totale par les travailleurs, avec des nationalisations généralisées, de la cogestion, seul le renversement du capitalisme eu été efficient. En effet, plus de soixante dix ans après, il faut recommencer si on ne veut pas que les acquits de cette époque soient balayés. Il ne faut pas rêver, le « travailler plus pour gagner plus » va en droite ligne pour effacer la semaine de 40h si durement gagnée et que les capitalistes n'ont jamais digérée.

 

Je sais qu'il y en a certains qui vont se demander si je ne suis pas devenu fou car je vais me faire l'avocat du diable. En effet, je pense que c'est une bonne chose que Sarkozy ait été élu car si cela avait été Royal ont se serait fait enfumer par un semblant de mesures sociales qui n'auraient été que des caches misères et auraient endormi peu à peu la revendication utile, comme se fut le cas sous Jospin. En fait, du capitalisme qui n'ose pas dire son nom, enrobé pour cela dans du papier de soie rose, un attrape nigauds. Madame Royal avait même préconisé des fonds de pensions collectifs pour soigner nos retraites, on aurait bonne mine si cela avait été ! Tandis qu'avec Sarkozy c'est du capitalisme pur et dur qui met au grand jour son iniquité et permet à beaucoup de gens de se rendre compte enfin que le système n'est pas bon.

 

En fonction de constat et de l'agitation qui touchent différentes couches sociales certains voient dans les élections européennes l'occasion de faire un grand front politique de gauche pour faire barrage à la droite. Certes l'opportunité est tentante et serait fondée sur de bons sentiments dans l'espoir que cela permettrait de s'unir superficiellement pour aller glaner quelques avancées sociales, car il ne faut pas rêver il ne s'agit que de cela, c'est certes important, mais à mon avis pas suffisant. D'autant que de récupérer quelques sièges au parlement européen, si cela permettra effectivement de connaitre l'échiquier politique européen, cela n'aura aucune efficience dans la remise en cause du capitalisme. Donc dans l'état actuel des choses ce genre de front n'est qu'illusion, surtout avec des partenaires dont on peu douter de la fiabilité.

 

De toute façon, force est de constater que la révolution ne se fera pas par les urnes. C'est dans la rue, dans les usines que le peuple affirmera ses convictions. Je pense donc pour ma part, que l'attitude qui veut que l'on construise idéologiquement le monde de demain en préparant le peuple à prendre ses responsabilités en toute connaissance de causes est une attitude responsables, en tout cas plus que celle de ceux qui veulent nous amener au changement par des voies louvoyant dans le microcosme politique.

 

Donc le plus dur reste à faire, celle d'éduquer et convaincre que demain sera peut-être le grand jour, mais il faut qu'il soit déterminant. Ecoutons toujours les anciens et en l'occurrence Louise Michel qui a bien dépeint ce qu'il faut faire…..

« Si la révolution qui gronde sous terre laissait quelque chose du vieux monde, ce serait toujours à recommencer! Elle s'en ira pour toujours, la vieille peau de la chrysalide humaine. Il faut que le papillon déploie ses ailes, qu'il sorte saignant ou qu'il crève. »

   Louise Michel (Mémoires de Louise Michel écrits par elle-même, en 1886)

 

 

 

 

 



21/03/2009
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