Le Ragondin Furieux

Le Ragondin Furieux

Crise alibi ?

Crise alibi ?

 

La crise, la crise, la crise…c'est la rengaine qui courre depuis maintenant un peu plus d'un an, servant d'ailleurs d'alibi dans maintes circonstances. Elle a eu toutefois un intérêt c'est d'avoir démystifié la profession d'économiste dans laquelle on trouve à l'évidence moult charlatans, des Madame Soleil du « CAC40 », des Elisabeth Texier du « Nasdaq » en quelque sorte ! Et où cela devient totalement surréaliste c'est lorsqu'ils tentent d'expliquer les raisons des disfonctionnements du système et de surcroit quand ils s'aventurent à balancer une théorie fumeuse sur la suite des événements ; les tireuses de cartes susnommées auraient indéniablement autant de succès que ces incompétents, ou inutiles dans la mesure où il s'avère que l'économie n'est pas une science exacte et surtout que se sont les grands décideurs du capital qui ont les clefs de la maison. Comme la clef n'est pas cachée sous le pot de fleur ornant l'entrée ou sous le paillasson et que le code secret pour pénétrer est pratiquement inviolable, les supputations iront encore longtemps bon train sans que soient véritablement connues leurs intentions, s'ils les dévoilent ouvertement ce qui n'est qu'une hypothèse hasardeuse…

 

Pour ceux qui n'ont pas lu « L'Insurrection qui vient » le chapitre 126/291 relatant une anecdote russe résume bien la profession d'économiste : Plaisanterie russe : « Deux économistes se rencontrent. L'un demande à l'autre : "Tu comprends ce qui se passe ?" Et l'autre de répondre : "Attends, je vais t'expliquer." "Non, non, reprend le premier, expliquer ce n'est pas difficile, moi aussi je suis économiste. Non, ce que je te demande c'est : est-ce que tu comprends?" »

 

Par conséquence, des interrogations restent donc encore en suspend, comme : la crise c'est-elle déclenchée naturellement par le fait du pourrissement du système ou a-telle sciemment été provoquée pour épurer la finance mondiale, surtout étasunienne, de trucs et machins véreux, voire complètement blets qui commençaient à mettre en péril le capitalisme dans son ensemble. D'ailleurs on voudrait nous faire croire que les fruits spéculatifs douteux qui contaminent le reste du tonneau seraient essentiellement le fait de spéculations financières hasardeuses et qu'il suffirait de remettre un peu d'éthique dans un capitalisme avide de profit pour en éviter les disfonctionnements.

 

On connaît le chantre de cette épuration, un certain Sarkosy qui –utilisons un langage vulgaire qui est aussi l'un de ses apanages- « se fout véritablement de notre gueule » en prétendant vouloir moraliser le capitalisme. Il pousse même le cynisme jusqu'à demander gentiment à ceux qui ont fraudé, en plaçant leurs capitaux en Suisse, d'avoir l'obligeance de se faire connaître avant la fin de l'année alors que le simple imposable se voit taxer de 10% pour une journée de retard dans son règlement. Effet d'annonce d'autant plus fallacieux quand on sait que se n'est pas en Suisse que les grands fraudeurs ont caché leurs pactoles, mais des paradis fiscaux comme les Iles Caïmans. Cela prouve, s'il en était besoin, que le G20 passé et ceux à venir ne sont que bals de faux-culs, par conséquence il n'y a rien à attendre de véritablement concret de ce côté-là si ce n'est que cela conforte l'opinion de beaucoup, à savoir, qu'il s'agit d'une grande manipulation servant à épurer le système, et ceci sur le dos du lampiste.

 

C'est pourquoi l'on a peu insisté sur le « fait » ayant déclenché le grand branle-bas de combat puisque c'est en réalité la surconsommation des ménages étasuniens -devenue dans un premier temps exponentielle et menant à un endettement tellement aberrant que le simple citoyen finit par ne plus pouvoir rembourser-, qui est la cause première -les « subprimes » faisant parties du lot de dettes-, ce surendettement est donc du à des causes générales et consuméristes qui sont inscrites dans le fonctionnement du capitalisme. Ce qui mit les sociétés de prêt, des banques en péril puisqu'elles reprirent des maisons servant de caution mais dont elles ne surent que faire le marché étant saturé, et surtout ne trouvant plus d'acheteur par manque de crédit fiable. On voit ici toute la perversité du système qui veut qu'il faille consommer pour consommer, avec pour corolaire, produire pour produire des richesses, richesses servant à produire avec au passage le pompage démesuré de dividendes exorbitants par les capitalistes.

 

Par ailleurs, de façon plus générale, un autre axiome du capitalisme veut que la marge maximale -ce qui est le but recherché- obtenue sur le produit fini ce fait en réduisant le coût de la main d'œuvre, en augmentant les cadences de production, en augmentant le temps de travail par ouvrier pour le même salaire, et si cela est possible en diminuant le salaire ; rajoutons aussi à tout cela la manipulation boursière et spéculative qui lorsqu'elle dérape va chercher sa sauvegarde dans la poche d'un ouvrier déjà pressuré. Ne cherchons donc pas que du côté des « subprimes » les raisons du dérèglement du système, mais sur le principe capitaliste même. Le profit étant la constante de celui-ci, il est évident que vouloir y mettre un peu de morale est une allégorie, on peut même dire un mensonge éhonté, par conséquence c'est tout le principe qui est à revoir.

 

Le grand lessivage a commencé aux USA avec l'annonce de la faillite de grands groupes qui furent sauvés par des subsides de l'Etat ce qui a fait dire à des gens de peu de jugeote qu'il s'agissait d'une étatisation, à l'évidence ils n'ont rien compris à la perversité du système. Ensuite est venu la cohorte des petites et moyennes sociétés en difficultés que se sont empressés de dépecer des requins de la finance pas du tout, eux, touchés par la soi-disant crise. L'épuration permet donc une fois de plus au plus gros de s'enrichir à moindre frais, et par contre le peuple devra un jour payer les pots cassés alors qu'il souffre déjà de surcroit du chômage voulu par les exploiteurs, voire du syndrome de la perspective du chômage, sorte d'épée de Damoclès en suspend au-dessus des tètes.

 

Quant aux retombées pour les autres pays dits développés, de la vielle Europe en particulier, elles furent diverses en fonction des caractéristiques sociétales. Le Royaume-Uni très imbriqué de façon économique avec le système étasunien a donc subit les retombées du disfonctionnement un peu de la même manière que celui-ci, alors que pour l'Allemagne et la France se ne furent en réalité que quelques banques misent en difficultés parce qu'elles avaient eu la malencontreuse idée de mélanger leurs billes avec des banques US douteuses. Cela n'a pas empêché l'ensemble de la profession de tirer promptement une sirène d'alarme qui ne s'imposait pas nécessairement. Il semblerait que le vent de panique provoqué par une chute rapide de la bourse ait servi de faire valoir à des banquiers rusés, profiteurs à l'évidence d'une situation trouble.

 

Au demeurant, où le mensonge apparaît dans toute sa splendeur c'est lorsque l'on étudie de près les évolutions de CAC 40 depuis sa création. En effet, on est surprit de constater que la chute de mars 2009 (aux alentours des 2600 points, loin de sa valeur moyenne des dix premières années à un peu moins de 2000 points) est sensiblement le même que celle de 2002 qui n'a pas été baptisé alors de crise apocalyptique comme ce fut le cas de celle que viennent d'essuyer les bourses. D'un autre côté s'il y a eu une baisse de consommation entrainant une récession momentanée, on est loin d'un marasme économique ravageur et la hausse constante de la bourse depuis l'automne est là pour confirmer que le les multinationales et le monde spéculatif c'est bien tiré d'affaire en pompant dans les poches du simple citoyen.

 

Ce sont avant tout les entreprises déjà en difficultés qui furent achevée et aussi les petits porteurs d'actions qui pour beaucoup ont vu leurs économies se réduire comme une peau de chagrin. Que dire, sinon que jouer quelques sous, amassés au cours de l'existence, à la roulette comporte quelques risques et que ceux à qui la bourse à fait faux bond ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Par contre, les ouvriers qui se sont retrouvés sur le carreau après la liquidation de leur entreprise sont à l'évidence plus à plaindre…

 

Mais il y a aussi et surtout les licenciements économiques qui eux sont plus nombreux. Il ne s'agit pas là en général d'entreprises en difficultés, au contraire, mais sous prétexte de rentabilité la mise au chômage est imposée pour permettre la restructuration. Disons plutôt, ce qui n'est pas dit ouvertement, c'est que les actionnaires sont de plus en plus gourmands et qu'ils demandent à ce que tous les moyens soient mis en œuvre pour augmenter le pourcentage de rapport du capital. Alors, délocalisation vers des pays où la main-d'œuvre est moins cher puisque c'est le poste essentiel où peuvent être faites des économies. Cela est d'autant plus flagrant en France qui est un pays où la couverture sociale des travailleurs était la meilleur, et qui voit pour cette raison sont secteur industriel se réduire comme une peau de chagrin car n'offrant encore pas la liberté totale d'exploiter l'ouvrier, ce dont à quoi rêvent tous les capitalistes.

 

Donc parallèlement aux licenciements on voit une déstructuration du code du travail afin de servir le capital. On crée d'abord du chômage, puis on rembauchera d'ici quelques temps dans de nouvelles conditions, c'est-à-dire que le CDI va disparaître au profit du CDD, quand ce ne sera pas le RSA qui primera, imposant de prendre un emploi dans n'importe quelle condition, voir plusieurs emplois pour le même travailleur afin qu'il puisse survivre et ceux gérés par le bon vouloir de l'employeur, si ça continue du jour au lendemain on pourra même être licencié. D'ailleurs on pourrait qualifier les futurs contrats de travail par un nouvel acronyme : le CDR, Conditionné, Disponible, Rentable, on entend par disponible la mobilité et surtout d'être taillable et corvéable à merci.

 

Comme l'on ne peut pas partout licencier, les capitalistes ont trouvé une autre méthode qui s'insère bien dans le taillable et corvéable c'est le harcèlement pour faire de la rentabilité l'unique but et que cela devienne obsessionnelle chez l'employé, un réflexe conditionné en quelque sorte. C'est souvent parmi le personnel ayant dèjà une certaine ancienneté que ces méthodes sont sublimées dans l'espoir qu'il craque sous la pression afin qu'il démissionne afin que l'employeur n'est pas de prime de licenciement à verser. Indéniablement, cette façon de faire entraine du stress, ce qui est voulu, mais qui peut mener à la dépression, voir au suicide. Puis lorsque l'employeur a réussi à se débarrasser de l'employé qui lui coûte trop cher, il embauche alors un jeune surdiplômé en CDD, mal payé, auquel il va donner des consignes de rendement draconiennes.

 

On fait état de ce qui se passe actuellement à France Télécom, mais ce genre de pratiques à tendance à se généraliser puisque même dans des entreprises moyennes on retrouve ces méthodes esclavagistes, le travailleur est peu à peu déshumanisé pour être noyé dans l'entreprise, il est classé au même rang que les machines, un outil pour servir le productivisme.

 

Il est évident que la valeur travail en tant que monnaie d'échange à disparu. Va disparaître aussi la reconnaissance du savoir faire au profit du rentable, nous devons donc combattre pour sauvegarder ses valeurs, il en va du bonheur des hommes.

 

Certains, après avoir touché un petit pactole pour avoir été licenciés, vont se lancer à monter leurs entreprises. Certes, l'idée est louable, mais risquée, et dans beaucoup de cas vouée à l'échec qui souvent est ressenti de façon cuisante. Si ça marche, tant mieux ! Mais cela demande réflexion vu les aléas que cela pourrait comporter et par contre on peut émettre une suggestion.

 

Pourquoi les employés licenciés d'une même société ne s'associeraient-ils pas ? Par exemple dans une petite coopérative ouvrière fournissant essentiellement une clientèle locale, ou autre forme d'entreprise autogérée ( la reprise d'entreprise déjà existante n'est pas forcément la bonne solution), ils ont un savoir faire commun, un peu de moyens pour l'installation, pourquoi l'autogestion ne serait-elle pas une bonne idée, une solution…Dans des circonstances comme maintenant il ne serait pas inintéressant d'y réfléchir afin, si possible, de changer le cours du temps établi, car plusieurs initiatives de ce genre pourraient faire boule de neige et alors le concept actuel de l'entreprise serait changé ! Cela préparerait la rupture avec le capitalisme, la pensée unique ne serait plus l'étendard de l'ultralibéralisme car…

 

On ne produirait plus, on fabriquerait !




 



23/10/2009
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