Le Ragondin Furieux

Le Ragondin Furieux

Après tant d'années de travaux, le Marais est encore en chantier...

 Après tant d'années de travaux, le Marais est encore en chantier...      



       

         Au mois de février 1983, il pleuvait, il pleuvait sans cesse… Malgré tout, le directeur des voies navigables de l'époque avait quitté son bureau parisien et rejoint la Rochelle pour ses loisirs. Sur place, rebuté par le temps exécrable, il renonce à sa promenade en mer et se voit proposer par l'un de ces amis une visite du Marais Poitevin qui allait être submergé par les eaux - ce fut une crue mémorable faisant référence dans les annales car c'est l'une des plus fortes que l'on ait connue et tristement marquée par la disparition d'un pompier qui se noya en plein centre de Niort, entraîné par les remous de la Sèvre devant les habitants impuissants. C'était une alternative intéressante pour ce haut fonctionnaire qui ne connaissait pas ce domaine faisant partie de ses attributions, dont il avait peu entendu parler, et de surcroît, dont il ignorait les nombreux problèmes. Ce fut alors une visite approfondie des marais, une rencontre avec l'adjoint technique au bureau de l'Equipement de Marans, puis, au final, une entrevue à la cale du port de Niort dans le service de la navigation avec l'ingénieur Vert, qui fut bien surpris de l'arrivée inopinée de son supérieur hiérarchique. A la suite de cette journée d'information, un rapport fut rédigé et transmis au ministre des transports Fiterman. Dans les semaines qui suivirent le cas du Marais Poitevin fut abordé au Conseil des Ministres.

         Cette action eut peu d'effet immédiat car les crédits alloués au Ministère des transports étaient tous dispatchés vers des tâches dèjà déterminées. Néanmoins, enfin on prenait en compte cette région de France, enfin on en parlait dans les hautes sphères de l'Etat.

         D'ailleurs les habitants d'Arçais prirent l'habitude de voir pratiquement tous les ans le président Mitterrand s'offrir une roborative promenade en barque dans leurs marais.

         Dans les années qui suivirent, le Parc régional quelquefois discuté bénéficia de plus de reconnaissance et de subsides. Plus de crédits furent débloqués pour les marais mouillés. Une maison leur fut consacrée à Coulon, et l'agencement de la jolie maison du Petit Poitou à Chaillé les Marais fait le bonheur de ses visiteurs. A Esnandes la maison de la mytiliculture explique en quoi la réputation des moules de la baie de l'Aiguillon n'est pas usurpée (45). Le cours de la Sèvre vit quelques unes de ses écluses modernisées, dont l'une d'elle : automatisée, pour favoriser la navigation de plaisance. Mais surtout, il y eut la remise en état des portes des Enfrenaux laissées à l'abandon depuis de nom-breuses années, ce qui ne permettait pas une bonne évacuation des eaux du Bot de Vix et du Contrebot. Puis la réalisation du barrage de la Touche-Poupard relié à la rivière permet pendant les périodes de sécheresse de maintenir un étiage normal. Les marais Mouillés furent en partie nettoyés, et quelques avantages ont été alloués aux agriculteurs pour la remise en valeur des prairies humides.

         Ce pays a repris vie dans sa totalité à la fin du XXème siècle, il est certainement l'un des plus originaux d'Europe car il a été entièrement transformé par « la main de l'Homme ».

          Pour ceux qui admireront le Marais Poitevin, qui le comprendront mieux à travers son Histoire, nous leur laisserons à méditer, s'ils le veulent, cette réflexion de Gaston Bachelard,              

                    

                        « l'Eau est porteuse de mémoire* ».  


Le Marais Poitevin, de sa création à nos jours, pages 69 et 70.(M. Mengneau)                                    

                                               



15/11/2008
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