Le Ragondin Furieux

Le Ragondin Furieux

A Gauche, quoi de neuf ?

A Gauche, quoi de neuf ?

 

« Si la révolution qui gronde sous terre laissait quelque chose du vieux monde, ce serait toujours à recommencer! Elle s'en ira pour toujours, la vieille peau de la chrysalide humaine. Il faut que le papillon déploie ses ailes, qu'il sorte saignant ou qu'il crève. »

   Louise Michel (Mémoires de Louise Michel écrits par elle-même, en 1886)

 

     Une évidence s'impose lorsque l'on regarde la disposition des députés sur les bancs de l'assemblée on ne peut que constater une anomalie flagrante avec le positionnement des « Socialos ». Alors que l'on devrait les trouver au centre droit, ils ont l'impudence d'occuper des sièges de gauche et de s'en prévaloir. J'ai bien écrit l'impudence car lorsque l'on fait allégeance à la loi du marché, se réclamer après de son appartenance à la gauche est plus que dérisoire, je prétendrai même qu'il s'agit là d'une tromperie envers un électorat berné par des apparats qui cachent une totale absence d'idéologie.

      Non, n'être qu'une force politique qui s'accommodant, voire s'y impliquant - Jospin et ses privatisations par exemple - dans l'ultra libéralisme pour simplement en être un régulateur social ne donne par conséquence plus droit à l'appellation de parti d'opposition. Totalement vide de programme idéologique de fond, pour être gentil, disons que cette formation est l'assistante sociale du capitalisme, et quand on connaît l'intérêt que portent les capitalistes sur les problèmes sociaux les socialistes on des soucis à se faire.

     D'ailleurs, on peut remarquer que la droite n'est pas virulente, en dehors parfois de piques anecdotiques et théâtrales que l'on aime jouer sur les bancs de l'assemblée, à l'encontre d'un parti qui sur le fond ne remettra pas en cause l'hégémonie du capital. En quelque sorte, la droite a intérêt à ménager le PS afin d'orienter la scène politique sur le modèle étasunien, ce que j'appelle le : « bipartisme », afin d'éluder le débat sur le bien-fondé d'une société essentiellement capitaliste. A l'évidence lorsque l'on entend beaucoup de dirigeants socialistes clamer haut et fort qu'ils sont de gauche, on peut crier à l'infamie, voire à l'usurpation d'identité. Ils ont d'ailleurs galvaudé le sens du terme : « la gauche » puisque l'on a pu lire récemment dans une presse dénuée de scrupules intellectuels qu'Obama avait opéré un virage à gauche, ce qui est une absurdité ! Regardés en chien de faïence, plus écoutés au sein de leur propre parti, quelques Socialistes se sentant mal dans leurs baskets ont fui le sérail, néanmoins en marchant à reculons semble-t-il, du moins c'est ce que j'ai ressenti !

      C'est donc là qu'il y a débat car il n'est plus question de faire confiance à des politicards professionnels - énarques et consorts pour ne citer que cet exemple -, il s'agit donc de construire une véritable gauche populaire dont le bagage idéologique sera bien marqué, c'est-à-dire en opposition franche au capitalisme avec des propositions pertinentes pour la reconstruction de notre société. Donc comme se profilent dans avenir proche les élections européennes, la véritable gauche est en pleine gestation quant à savoir comment elle va s'organiser.

     Pour un observateur non averti les débats qui ont lieu peuvent sembler à de la cacophonie. Cependant, ils ont le mérite d'exister et de prouver qu'il s'agit bien d'un débat idéologique de fond où les divergences reposent sur les méthodes, voire peut-être aussi dans la forme même de l'engagement révolutionnaire, puisqu'il faut bien employer ce terme lorsque l'on veut raser un système pour faire valoir une autre forme de société.

     A l'évidence, un front commun de toutes les bonnes volontés serait la solution idéale pour aller affronter l'hégémonie capitaliste. Naturellement, je n'insisterai pas, tellement cela paraît évident, il ne serait être question d'un quelconque rapprochement avec des socialistes qui se sont exclus eux-mêmes de la reconstruction politique, mais il reste les transfuges, Mélanchon en particulier à qui l'on doit le nouveau parti à l'appellation un tant soit peu redondante de Parti de Gauche, PG dont la redondance ce marque bien transformé en PdG.

     En respectant la présomption d'innocence, après les déclarations des dirigeant de ce nouveau parti, on pourrait accorder du crédit à leurs propositions de rejoindre les rangs de la grande opposition. Mais je suis septique, voire dubitatif car je n'ai pas encore senti une condamnation franche du capitalisme de la part de Mélanchon et j'ai comme l'impression qu'il a toujours un pied au PS. Il est sans doute pas facile de raser pas mal d'années passées au sein d'une formation politique, cela laisse des traces, et il ne faudrait pas que ce désaccord soit momentané, en somme une position éphémère motivée par de élections. De surcroit, voilà qui ne va pas calmer mes doutes sur le PdG car ils ont entamé des discutions avec le MRC du ressuscité Chevénement. Je ne voudrais pas être injurieux, mais Chevénement ne m'a pas semblé farouchement anti-capitaliste, de plus son souverainisme réac me le fait comparer à un de Villiers qui se prétendrait de gauche. M'est avis quand même que l'on est mal barré pour faire la révolution avec des zigotos pareils. Cela m'amène tout naturellement à parler d'un PCF qui « fricotte » allégrement avec le PG.

     Aux dires de beaucoup de communistes, d'anciens communistes, le parti va mal, ça sent la déconfiture, disons le franchement c'est le bordel. Pour ma part cela me chiffonne car j'ai toujours eu beaucoup de respect et de sympathie pour ce parti, et j'ai longtemps pensé qu'un PCF fort était l'une des conditions sine qua non à l'équilibre des forces politiques en France, pout tout dire indispensable. Bon, il n'est pas dans mes compétences de faire un historique sur ce qui a amené le déclin de ce parti, je dirais simplement que la chute du mur de Berlin a sanctionné une bonne idée mal exploitée et laissée par le fait libre cours à la suprématie du capitalisme, et qu'en France l'alliance avec la sociale démocratie dans divers gouvernements a affaibli le parti qui s'est vu pendant un temps presque intégré aux socialistes, c'est du moins la vision que cela donnait pour le tout un chacun. L'abandon aussi de la notion de dictature du prolétariat est à mon avis une erreur dans la mesure où l'orientation idéologique c'est recentrée vers la sociale démocratie.

      Donc, ébranlé sur ses bases beaucoup de dirigeants cherchent des palliatifs pour redorer le blason du parti, mais surtout ce qui semble être leurs préoccupations majeures c'est le maintien de leurs élus. Ce qui me chagrine c'est que cela paraît être devenu l'essentiel de leur combat politique ! Cela expliquant un rapprochement avec le PG qui le cas échéant ferait  la liaison avec le PS pour des accords électoraux afin de sauver quelques sièges. On en est donc là, et quoi qu'on dise cela sent la magouille électorale. On comprend mieux alors la position du NPA qui demande des prises de positions sur le fond, l'engagement pour un combat dans la durée, une vraie alternative idéologique en somme, et non pas quelques tripatouillages de circonstances.

     Je n'ai jamais été un fan de la LCR qui dans mon esprit ressemblait plus à une secte qu'à un parti politique, mais sans doute me trompais-je car il faut bien avouer que leur position est nette et définit bien les contours de la politique à mener pour l'avenir. Bon, j'espère que les anciens Trotskistes ne noyauteront pas ce parti qu'ils ont voulu expansionniste, c'est là que nous devons être vigilant.

     Les alternatifs font figures de parents pauvres dans ce paysage politique et comme ils semblent légèrement marginalisés, ils font appel du pied au NPA, PCF et PG pour participer à une fédération. Donc, à suivre…

     Quant à LO je n'épiloguerais pas sachant que son autonomie est un facteur déterminant pour ce parti. Mais où sont les verts ?

      J'ai lu en plusieurs occasions des déclarations pour un anticapitalisme avéré, cela m'a laissé perplexe car si Cohn-Bendit devient un élément moteur de ce parti, on est loin des idées révolutionnaires qui nous animent, et plus proche d'une social démocratie inféodée au capital. De toute façon, tant que cette nébuleuse ne mettra pas un peu de rigueur dans ses positions, ne fera de la véritable écologie politique avec un franc rejet du capitalisme source essentielle des problèmes qui dénaturent notre planète, on ne pourra que mettre en doute leur crédibilité.

 

Pour l'instant on en est là….

 



11/03/2009
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